La nouvelle a surpris tout le monde : le gouvernement togolais a écarté la candidature à la présidentielle de Kofi Yamgnane (photo, gauche). Les méthodes employées laissent à désirer et confirment l'existence d'une république bananière dans ce pays. Bénéficiaire d'une bonne image internationale, soucieux du devenir de son pays, c'est un grand choc que vient de ressentir ce républicain qui avait décidé de rentrer au Togo pour mettre fin au régime de Faure Gnassingbé (photo, ci-dessous), président sortant et fils de l'ancien dictateur Gnassingbé Eyadema qui a régné de 1967 à 2005 sans laisser place à une quelconque opposition. Le fils d'Eyadema briguera ainsi un deuxième mandat et, en écartant Kofi Yamgnane, il sera désormais le seul candidat à cette élection !
Les autorités togolaises savent pertinemment que Kofi Yamgnane – qui a la double nationalité togolo-française – aurait été un adversaire de poids susceptible d’animer un sursaut populaire et de donner à la population un nouveau souffle, un souffle de liberté. L’Afrique aura ainsi inventé et avalisé une nouvelle forme de gouvernance qui se propage de plus en plus : le règne des fils à papas (outre le Togo, il faut citer le Gabon, la République démocratique du Congo…)
Les autorités togolaises savent pertinemment que Kofi Yamgnane – qui a la double nationalité togolo-française – aurait été un adversaire de poids susceptible d’animer un sursaut populaire et de donner à la population un nouveau souffle, un souffle de liberté. L’Afrique aura ainsi inventé et avalisé une nouvelle forme de gouvernance qui se propage de plus en plus : le règne des fils à papas (outre le Togo, il faut citer le Gabon, la République démocratique du Congo…)
Au fait, que reproche-t-on à Kofi Yamgnane ? De n'avoir pas une véritable date de naissance comme beaucoup d'Africains nés pendant la colonisation ? Kofi Yamgnane s’en est expliqué :
"Je sais mon dossier inattaquable, et les arguments qui me sont opposés aujourd’hui pour rejeter ma candidature sont totalement fallacieux. Je vais vous exposer brièvement les deux points sur lesquels a porté leur argumentation : Le premier porte sur ma date de naissance que le pouvoir RPT m’accuse d’avoir falsifié.
Comme la plupart des gens de mon âge, né à une époque où l’état civil togolais n’existait pas, je possède un acte de naissance indiquant que je suis né en 1945. Cela n’a gêné personne au Togo jusqu’en 1964 année où j’ai obtenu mon baccalauréat.
Lorsqu’il s’est agi d’obtenir une bourse du fond d’aide et de coopération français, la date du 11 octobre 1945 m’a été attribuée arbitrairement, l’administration française n’admettant pas une date de naissance incomplète
Lorsqu’il s’est agi d’obtenir une bourse du fond d’aide et de coopération français, la date du 11 octobre 1945 m’a été attribuée arbitrairement, l’administration française n’admettant pas une date de naissance incomplète
J’ai vécu sans problème jusqu’en 2008 lorsque j’ai voulu renouveler mon passeport. Entre temps, l’administration togolaise avait, de son coté décidé sans m’en informer que ma date de naissance sera désormais le 31 décembre 1945.
Tous les Togolais connaissent dans leur entourage au moins une personne qui est dans mon cas. Est-ce à dire que toute cette frange de la population doit être exclue du suffrage universel. C'est-à-dire peuvent être électeur mais non-éligible ?
Le deuxième point concerne ma résidence au Togo dont le pouvoir RPT conteste la durée de 12 mois nécessaire avant la tenue du scrutin. Voici les faits :
Je suis arrivé à Lomé le 14 octobre 2008 et loué ma résidence actuelle le 18 octobre 2008. L’acte notarié du bail locatif a été transmis à la Cour Constitutionnelle.
En 2009, j’ai effectué 4 voyages à l’étranger, chacun d’une durée inférieure à 2 semaines. Sur 2 formulaires d’embarquement, j’ai indiqué résider en France. Chacun sait que j’ai deux nationalités, qui ne sont plus incompatibles avec le fait de briguer la magistrature suprême et que j’ai en effet gardé une résidence en France.
Je ne pense pas être le seul candidat à avoir une telle résidence à l’étranger.
De plus, les accords de « OUAGA » du 7 août 2009 s’accordent pour dire : « que la résidence s’entend comme l’obligation de présence politique et physique visible permanente ou intermittente des potentiels candidats pendant ladite période. »
Quoiqu’il en soit, une fiche d’embarquement ne peut avoir plus de valeur probante que le certificat de résidence qui m’a été régulièrement délivré par la Mairie de Lomé, après enquête de police sur la réalité de cette résidence pour laquelle j’ai régulièrement payé la taxe d’habitation et ce dès le 9 février 2009."
Serait-ce donc une question de "jour" et de "mois "de naissance puisque l'année est connue (1945) ?
Quoi qu'il en soit, nous avons l'obligation de soutenir une citoyenneté libre dans ce pays. La meilleure façon de gagner les élections c'est de se présenter au verdict populaire - et de laisser à tout Togolais ce droit. Que Kofi Yamgnane trouve ici mon soutien inconditionnel quelle que soit l'issue de cette affaire qui ne grandit pas notre continent...
Crédits Photo :
Kofi Yamgnane : MEIGNEUX-SIPA / Faure Gnassingbé : Ferloo-Republicoftogo.com
Kofi Yamgnane : MEIGNEUX-SIPA / Faure Gnassingbé : Ferloo-Republicoftogo.com


J'ai été moi aussi écoeurée par cette décision.
RépondreSupprimerCe n'est pas étonnant de la part du gouvernement actuel d'utiliser des moyens aussi simples et frauduleux pour contrer quelqu'un qui était bien parti pour leur arracher le pouvoir.
RépondreSupprimerLes gens du RPT ne respectent aucunes lois et se fichent complètement des togolais. La population ne doit pas se laisser faire par ce régime ,l'union fait la force. Mobilisez-vous contre le RPT pour le bien du peuple et du TOGO.
Bien sûr que je soutien cet homme!
RépondreSupprimerJe reviens du Togo où j'ai passé 9 mois, et j'ai pu voir ce que donne la politique actuelle.
Une telle décision d'évincer le prétendant à l'élection est révoltante.
Le fils est pire que le père, ce qui n'est pas rien de le dire...
On ne peut pas comprendre qu'une cour constitutionnelle
RépondreSupprimersoit si corrompue et fasse le jeu du politique.
Qu'en l'Afrique va t-elle avancer au lieu de reculer par
la bêtise de ses dirigeants ? C'est écoeurant !!!
Une coquille "quand" et non "qu'en" l'Afrique
RépondreSupprimerC'est bien beau ce que dis toout le monde , je soutiens bien sur et de tout mon coeur Mr Kofi ; mais la grande question que je me pose en tant qu'aussi un franco-togolais , est quelle sors réserve encore ces manipulations à la pauvre population Togolaise qui ne demande juste qu'à vivre en Paix sans sacrifier encore ces fils?
RépondreSupprimerje vous souhaite bon courage Mr Kofi et je pense que le monde entier sera de votre coté !
L'heure du changement à sonner ! ne baissez pas les bras! courage!!!!!!!!!
une note discordante dan ce concert de chambre. Je condamne la manip des autorités togolaises mais suis pas d'accord que n'importe kel kidam, en fin de carrière en Métropole se rappelle qu'il y a une républik bananière où il pourrait finir Roi. Imaginez Obama, après 2 mandats étatsuniens qui débarque au Kenya pour la présidence et à près fonce en malaisie pour un autre mandat. Alain, ton Yamyama ou Miam...maim, je le trouve trop gourmand.
RépondreSupprimerC'est d'une telle tristesse que le jeu démocratique ait tant de mal à s'installer. Tout en sachant que les candidats ne partent pas avec des atouts comparables, que dans certaines circonstances il est absolument impossible de battre le président sortant, offrir une possibilité de rêve eût fait grandir tout le monde dans mon petit pays. Une possibilité de rêve à celles et ceux qui voudraient que Kofi gagne. Peu importe ses réelles chances de combler leurs rêves! La démocratie c'est aussi, et souvent d'ailleurs, la beauté de l'échec.
RépondreSupprimerLe togo n'est pas la seule victime de ce manège.
RépondreSupprimerPlusieurs pays pauvres à travers cette planète
voient leurs dirigeants rester au pouvoir
incapables de les changer. Haiti est l'un d'entre
eux sous l'égide de R. Préval depuis des années les
récentes éléctions législatives ont été le terrain
de l'élimination des ennemis pour des motifs qui comme
dans le cas de KOFI : le coupable est créé. Ce n'est pas
nouveau.
Je suis écoeuré et triste de voir que les élites Togolaises n'ont rien apprit depuis 20 ans...
RépondreSupprimerElles sont aveuglées par le temps, ou, elles sont enfermées leurs envies d'avoir le pouvoir jusqu'à
oublier qu'il s'agit du destin d'un Pays entier dont on parle.
Le clan Eyadema avait toujours trouvé un prétexte pour écarter les candidats les plus
sérieux pendant les élections présidentielles au Togo,
et cette fois ci c'est au tour de Koffi Ynamgnane de payer cette dette qui n'arrête pas
de s'allonger... Et le reste de l'opposition qui prend cette décision comme un pain béni,
en croyant que la voie est libre.
N'oublions pas que le problème du pouvoir au Togo, qu'il ne suffit pas de gagner les élections
Présidentielles, mais il faut être capable d'aller récupérer ce pouvoir présidentiel,
en déracinant le clan Eyadema...
Et le seul candidat à pouvoir remplir ce rôle était Koffi Ynamgnane...
Maintenant qu'il est écarté, j'espère au moins que toute l'opposition choisira un candidat
unique pour au moins gagner ces élections qui ne sont que le commencement du
combat du peuple Togolais...
Ah...ces Africains à la double nationalité ! Faut savoir. On est avec l'afrique ou on est contre ?
RépondreSupprimerJe suis écoeurée, quant à moi, de constater que les Africains avalisent les "bienfaits de la colonisation" en prenant l'ancien haut fonctionnaire française pour le sauveur d'un pays qu'il avait pourtant abandonné pour être Français ! Mr Yamgnane, par respect pour tous ceux qui se sont battus et se battent pour que l'Afrique se relève, ne peut qu'obsever. Mais où est donc passé l'exemple de "l'intégration réussie en France" ? Les vues de Mr Yamgnane sur le pouvoir d'Etat au Togo signifieraient-elles qu'il est impossible d'être vraiment français, au moment même où l'on débat de "l'identité nationale" en France ?
RépondreSupprimerLa France ayant d'énormes problèmes avec ses minorités au point de susciter un débat sur "l'identité nationale", Mr Yamgnane, dont on a tant vanté la réuissite, devrait s'occuper de ses compatriotes en mal de reconnaissance nationale, et laisser les Togolais et les Africains regler eux-mêmes les leurs.
L'indécision étant la norme chez le Noir, l'Afrique doit dès à présent choisir et non avoir le cul entre deux chaises.
Et puis, il ne peut y avoir de "coup d'Etat" puisque Kofi Yamgnane n'a jamais été président et je l'espère, ne le sera jamais au Togo.
MK
RépondreSupprimerles peuples africains doivent prendre conscience que l'avenir de l'afrique leur appartient. Le MESSI qui sauvera un jour l'Afrique ne viendra pas de France ou des Etats Unis.Le combat pour la démocratie prendra du temps, c'est un combat difficile et pénible. Beaucoup d'enfants d'Afrique ont versé leur sang pour permettre à leurs frères de vivre dans un continent libre. En occident la démocratie n'est pas tombée du ciel, elle est le fruit du combat des peuples contre la répression et l'oppression de l'arbitraire. j'ai mal de voir que dans certains pays Africains les républiques ne sont en réalité que des monarchies. Le pouvoir n'appartient pas au peuple mais à quelques individus sans véritable légitimité à part celle des armes. Le régime de M.Eyadema comme celui de nombreuses dictatures africaines repose sur l'élimination systématique de toutes formes d'opposition susceptible de remettre en cause les intérets du régime. De plus, il ne faut pas compter sur l'aide de la France pour aider les peuples africains dans leur lutte pour la démocratie, car la France est un Etat et un etat n'a pas de sentiments. Un Etat agit pour satisfaire ses propres intérets.D'autant plus que Les intérets de l'état Francais ne sont pas les memes que ceux des peuples Africains.L'Afrique reste pour la France un espace déterminant,un enjeux géostratégique qui lui permet de continuer à maintenir sa position de puissance moyenne à l'echelle internationale.Par conséquent ce sont les peuples africains eux memes qui doivent se mobiliser et exiger plus démocratie sur le continent. Les élites africaines doivent montrer le chemin....
PS:En tant que Congolais j'invite également Mr.Mabanckou à s'engager d'avantage pour lutter contre la dictaure que Mr.Sassou Nguesso et son clan imposent aux congolais.