Les pays d’Afrique noire francophone célèbrent cette année le cinquantenaire de leur indépendance. La littérature a été le témoin immédiat de cette émancipation. Une littérature si jeune qu’il n’est pas surprenant, pour un lecteur africain, de croiser certains auteurs classiques qu’il a lus au lycée ou au collège. Sait-on par exemple que l’Ivoirien Ahmadou Kourouma (photo) – à qui l’on attribua en 2000 le Renaudot pour Allah n’est pas obligé – était en réalité, depuis longtemps, un grand classique dans l’espace francophone ? Bernard Dadié, un autre Ivoirien, jouit de ce statut et déambule dans les rues, serrant les mains des femmes qui vendent de l’attiéké dans les marchés d’Abidjan. Cheikh Hamidou Kane, auteur du mythique L’aventure ambiguë donne des conseils aux jeunes auteurs du Sénégal. Beaucoup d’écoliers d’Afrique centrale ont eu pendant les épreuves de la dictée française les extraits des œuvres d’Henri Lopes, auteur congolais résidant actuellement en France. Lorsque j’en parle à ce dernier, il en sourit, oubliant les coups de fouets que j’ai écopés à cause des fautes commises pendant cette redoutable épreuve. Difficulté ou plaisir de porter le statut de « classique vivant » ? Sans doute les deux alors même qu’en France on hésiterait à reconnaître le privilège de classiques à J-M G Le Clézio, Pierre Michon, Patrick Modiano ou Pascal Quignard.
La jeunesse de la littérature d’Afrique noire francophone ne doit pas occulter le fait qu’il existe des textes anciens en langues africaines et une littérature orale qui remonte à des temps immémoriaux. Le Malien Ahmadou Hampaté Bâ avait raison de clamer devant la tribune de l’Unesco en 1960 : « En Afrique lorsqu’un vieillard meurt c’est une bibliothèque qui brûle ».
La littérature écrite est arrivée bien plus tard, avec la « rencontre » de l’homme blanc. Pendant la période d’alphabétisation des Africains les textes sur l’Afrique provenaient essentiellement des auteurs occidentaux. C’était alors le règne de la littérature coloniale avec le péché de l’exotisme lié à une telle démarche. La « littérature négro-africaine » n’a vu le jour qu’à partir du moment où les Africains ont « détourné » la langue du colonisateur pour dire eux-mêmes le monde, confirmant au passage le proverbe souvent cité par Hampaté Bâ : « Quand une chèvre est présente, on ne doit pas bêler à sa place ».

Placée sous le signe de la revendication, cette littérature était fondamentalement engagée et « missionnée ». C’est en 1948, avec l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française publiée par Senghor et préfacée par Jean-Paul Sartre que la littérature négro-africaine se consolide. Deux romanciers marquent les années cinquante : Camara Laye (L’Enfant noir) et Mongo Béti (Ville Cruelle). Le premier introduit l’auto-fiction, place l’individu au cœur de la fiction pendant que le second perpétue la virulence des fondateurs de la négritude. Deux conceptions antagoniques dont les conséquences sont encore manifestes dans les productions contemporaines.
A la fin des années soixante-dix, la critique contre la colonisation est « remplacée » par le plaidoyer contre les dictatures désormais ancrées dans la plupart des pays du continent. Sony Labou Tansi est un des auteurs phare de cette ère. Dans La Vie et demie, en installant au cœur de la fiction africaine le personnage du dictateur – à l’instar des auteurs latino-américains – Labou Tansi dessinait également la figure du rebelle immortel, bête noire de la dictature. C’est aussi pendant cette époque que les voix féminines, jusqu’alors inexistantes, se font entendre avec Mariama Ba (Une si longue lettre), Aminata Sow Fall (La grève des battus) ou encore Ken Bugul (Le baobab fou).
Dans les années quatre-vingt-dix le vent de la démocratie souffle sur le continent après le « discours de La Baule » prononcé le 20 juin 1990 par François Mitterrand. Mais l’Afrique devient le théâtre des guerres civiles. On découvre avec stupeur les « enfants-soldats », et les romanciers s’emparent de la thématique – notamment Ahmadou Kourouma (Allah n’est pas obligé). Le drame le plus retentissant survient en 1994 avec un génocide au Rwanda planifié et exécuté par les Hutus contre les Tutsis. Des œuvres de fiction en font écho dont L’Ainé des orphelins de Tierno Monénembo, Murambi de Boubacar Boris Diop et Moisson de crânes d’Abdourahman Waberi. Une abondante « littérature de témoignage » va suivre avec les ouvrages publiés par les rescapés.Enfin, la littérature d’Afrique noire en français est largement vulgarisée dans les universités américaines où elle constitue une discipline autonome et très prisée. Chemin que beaucoup d’observateurs souhaiteraient que la France prenne car il est indubitable que les œuvres de ces auteurs enrichissent avant tout le patrimoine littéraire d’expression française.
Alain Mabanckou
Ce texte a été publié intégralement dans Le Monde (en ouverture, et à la page 4 du "Monde des Livres" du 15 avril 2010).


y a t il des auteurs européens qui vivent et écrivent du Congo par exemple , et produise donc une littérature négro africaine sans pour autant être eux même négro africain ??
RépondreSupprimertout comme il y a des américain venus vivre a paris et dont les écris peuvent être étiqueté sous le label , littérature française ??
.. la « déterritorialisation » sous entend un sens unique ?
la france va s enrichir de ces auteurs des ex colonie , mais ses ex colonie vont s enrichir de qui eux ?
ici on sous entendent diversité comme un mouvement qui va toujours du meme point au meme point .. on parle d enrichir l Afrique ou de faire fructifier l héritage colonial en Europe ..
@ Nietzsche
RépondreSupprimerBonne ou mauvaise questions?
Je dirais que vous n'avez pas cherché bien loin: je ne citerais
que René Depestre, lyonel Trouilot, ou Danny laFerrière. Faites des recherches,
renseigner vous, de quelle litterature parle-t-on?
Comment distinguer vous la literrature indienne rédigée en anglais,
de la littérature britannique et américaine?
Et plus proche encore, comment distinguer vous la littérature suisse,
de la littérature française ou québécoise.
Il me semble que pour le premier le vocable de littérature anglophone
est utilisé, et que pour le second, l'on parle de francophonie?
En somme, je ne suis pas sûr qu'il y ai une appropriation culturelle, c'est juste une question de termes.
oué hergé est belge tintin est francais .jacque brel est belge , merci pour cela je n est pas attendu René Depestre, lyonel Trouilot, ou Danny laFerrière pour le saisir ...
RépondreSupprimer...je dirais en quelque mots qu il faut relire un peu deleuze avant de savoir si ma question est bonne ou mauvaise , j ai l impression d être devant machine binaire qui intègre ou exclus en fonction de ses paradigmes ... sous prétexte que la question c est déjà posé la réponse n est que euphémisme .. quitte tes Saussure l ami est le pas plus souple renverse les anciennes zidole ..
la pensée noir nous dit mabanckou devient cette organe sans corps , elle émerge et se déploie hors de france a travers ces auteur cité (Léonora Miano, Fatou Diome, Sami Tchak, Gilbert Gatore ) , une sorte de subversion du phenomene inverse qui fut la « déterritorialisation » de ce système organique qu est la langue française ...
jusque la tu es d accord ?
RépondreSupprimerdonc d'après toi et deleuze impossible d'être authentique ou crédible on serait dans un système de ventriloques j'ai chez moi ma poulette des écrits en français certes venant de mes séjours au congo relatant des histoires (et je ne te parle même pas de contes originels)qui viennent de la nuit des temps (et ce n'est pas du rahan) qui relatent des histoires de véritables contes philosophiques et crois moi la fontaine et voltaire n'auraient pas eu grand chose à dire de plus mais hum peut être penses tu en fait que voltaire avait du profiter d'une des expéditions des négriers pour aller influencer déjà le vécu qu'il en avait profité pour apprendre l'art de la ventriloquie
RépondreSupprimerparadigme... la descrition de la volupté de la substantialité du fubwa qu'elle soit faite de france d'amérique ou d'ailleurs est elle alors polluée par les vapeurs de là où tu es ? mieux faite par un occidental que par un africain
tintin au congo qu'est ce qui fait que c'est monstrueux ce coincé d'rg n'a su retranscrire que des choses de coincé toi ya na vouloir mangé moi je caricature je me prends pour toi xcuse me
nakobomayo n'est pas juste le prénom du personnage il signifie
tu as la traduction littérale et la portée du kobomayo qui vient peut être faire la continuité du bomayé de qui tu devrais connaitre eh oui chérie il y a de vraies références culturelles chez les africains il te manque juste le décodeur toute la différence est dans la compréhension et le vécu du lingala quand j'ai décidé d'apprendre le lingala ce n'était pas pour faire plaisir à mon amoureux (qui n'a pas su me l'appprendre d'ailleurs) c'était normal de l'apprendre tout comme le kinianga(avec faute d'orthographe sans doute )
et ne viens pas me faire suer avec ton ethnologie c'est du vivre ensemblologie
la france va s'enrichir eh bien oui pour ceux qui sont capables d'évoluer oui mille fois oui tous ces auteurs ne sont pas la prolongation de la france ils sont eux avec comme toi des outils à leur disposition avec la dangerosité de ces outils mais aussi les avantages possibles et heureusement qu'ils savent surfer eux car tout le monde ne comprend pas le wolof ou le munukutouba
tu t'es imbibée de deleuze and co imbibes toi de là où tu viens le mélange sera lumineux crois moi
Bien à toi nj
j'ai oublié mille pardons et ce n'est pas des moindres pourtant
RépondreSupprimerla fessologie serait elle en fait un nouveau concept inventé en vérité ou étant le prolongement d'un concept originel venu du pays des culs plats ? frustration ? jalousie ? souffrance profonde ? et oui chérie mieux vaut en avoir plein les mains que de se contenter de...
comme disait ma belle mère adorée avoir des arachides et pas de dents ou avoir des dents et pas d'arachides c'est triste de ne pas pouvoir concilier les deux moi je préfère hum et pourtant naza mundélé ,les carrosseries pleines de marchandises qu'elles soient au congo ou à lille qu'elles soient mundélé ou muindu du moment qu'elles soient
bien à vous
heu ... on parlait de « déterritorialisation » , concept créer par deleuze et guattari , de la pensée africaines qui s emancipe de l afrique (organe sans corps)a travers ces auteur exilés et cette nlle generation des annnées 90 qui accentue cette « déterritorialisation » et n' est plus "pensée" lié au continent noir mais comme un brin d herbe coincé entre deux pavé qui prend naissance a paris ou a new york , la pensée comme rhizome
RépondreSupprimeron parle de deleuze , respect et agenouille toi
"à la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque, et chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature, il met en jeu des régimes de signes très différents et même des états de non-signes. Le rhizome ne se laisse ramener ni à l'Un ni au multiple" ( mille plateaux ) ..
tu comprend ??
bien sur le francais va s enrichir , tu le découvre maintenant , ca fait preque 3 sielce que l europe s enrichit sur le dos de l afrique et maintenant ca continue après les bras la pensée ... mais ma question était
qui va enrichir l
Afrique ??
qu est ce que je m en fou moi d enrichir la langue française ou sa pensée ou ses université de nouveau département , déjà si saturé de département qui tombe en decrépitude ..mais qui va enrichir les écoles et les rue d Afrique ?? qu'elle nlle pensée va émerger a brazza ?
quand les intellectuel suivrons l exemple des musicien africain ? !!! qui on enrichi le monde mais aussi et surtout l afrique de nlle sonorité ... !!! !!
t es completement a l ouest pour moi , fessologie c est comme le post modernisme c est comme ton pseudo .. des terme vide ... menfin passons !
mon pseudo et c'est encore un exemple de ton égarement et de ta confusion c'est juste un clin d'oeil, de l'humour ma référence culturelle à moi
RépondreSupprimerc'est comme si je finissais par t'associer à la véritable pensée de nietzche
si moi je suis à l'ouest ma poule toi t'es vraiment enfouie dans ta coquille sors la tête et regarde autour de toi
tes rhizomes manioc pousse aussi en europe j'en ai dans mon jardin et mes pommes de terres venues d'amérique peuvent pousser dans celui de ma belle mère et oui encore elle oh tiens on dirait qu'elles sont aussi bronzées ses patates
c'est chiant hein
tu vas chercher chez deleuze et guettari non je rigole des interprétations qui t'arrangent lis plus profondément et commence par t'assoir au lieu de vénérer tête dans le cul euh le nombril
tu prélèves encore une fois tout ce qui peut nourrir ton amertume ton désenchantement tout ne tourne pas autour de toi( et donc de ton nombril) c'est cela le problème de ta non compréhension
l'afrique sera elle quand elle croira en elle
quand elle sera authentique et véritable quand elle aura expurgée ses cochonneries
je répéte on s'en fout d'être blanc noir jaune de manger du foufou du chien ou du boeuf bourguignon d'être blond ou brun ou .... d'êre homme ou femme
prends la peine de déjà comprendre cela je vais finir par croire que ton aveuglement fais de toi une comment tu dis pas très fufute vraiment
moderne vieillot c'est quoi ça encore???
bien à toi quand même
"donc d'après toi et deleuze impossible d'être authentique ou crédible on serait dans un système de ventriloques "
RépondreSupprimera chaque fois que j entend des gens me parler de cet tentative d être authentique je ne peux m empêcher de penser aux adorateur d heidegger dit la trompette bavaroise toujours en quête d acte authentitique .. le seul moyen d etre authentique est de naitre seul en haut d une montagne bercé par les nuages et le verbe douillet ..
chercher l authentique c est chercher en soi ce truc unique qui nous permette de dire je suis comme cela ou comme ceci a jamais et pour toujours ! l authentique c est toujours chercher une identité figé dans l immobilisme
on vit sur deux système planétaire diffèrent l ami ... être dans un système ventriloque c est être dans l échange , a l écoute .. de l autre ... toi tu préfère être a l écoute de toi même tu cherche l acte authentique en toi .. tu n es pas le seul a penser ainsi .. pour moi la vie n est que résonance ..
http://www.youtube.com/watch?v=M6ZQS8JKTBg
Alain, tu as ecrit un excellent article qui met l'accent sur les principaux themes qui ont marque la litterature africaine a ce jour, et qui a mon avis restent toujours d'actualite, a des degres divers,qu'on le veuille ou non.
RépondreSupprimerAlain, tu as ecrit un excellent article qui met l'accent sur les principaux themes qui ont marque la litterature africaine a ce jour, et qui a mon avis restent toujours d'actualite, a des degres divers,qu'on le veuille ou non.
RépondreSupprimerToutes les deux vous êtes beaucoup plus intelligentes que bêtes.
RépondreSupprimerEn plus vous semblez avoir les mêmes ambitions, le même objectif.
Mais vous devenez puériles et ridicules à force de vouloir chacune tuer l'autre,
au lieu de simplement objectiver, décrire et appuyer vos arguments.
Vous êtes contre la domination masculine, vous pratiquez la lesbodomination.
Vous en arrivez même à être contradictoires dans vos propos à force de vouloir "gagner" la partie.
Du coup, ça tombe dans le bavardage, ça nourrit les lieux communs,
pourtant au vu de leur IMC, on devrait plutôt les mettre au régime.