Le procès intenté contre les éditions Casterman pour le titre Tintin au Congo de Hergé revient à la une et les plaidoiries auront lieu le 12 mai. Il a été initié par le Congolais démocratique Bienvenu Mbutu Mondondo dont la hargne et l’opiniâtreté sur la question ne sont plus à souligner. Certes, on ne peut pas lui reprocher de défendre une cause honorable, il reste que je ne partage pas cette démarche qui, indirectement, risque d’effacer une des preuves de l’idéologie coloniale. Voici, ci-dessous, ce que je répondais alors à David Caviglioli – journaliste du Nouvel Observateur et à BibliObs, le site de cet hebdomadaire – qui m’avait interviewé sur le sujet.
BibliObs :
Quel souvenir gardez-vous de la lecture de « Tintin au Congo » ?
Alain Mabanckou :
J'ai lu les « Tintin » pendant mon enfance, au Congo. A cette époque je n'avais pas de recul pour comprendre la « face cachée » des choses. J'étais amusé, séduit comme la plupart des gamins de mon âge. En somme, les aventures de Tintin côtoyaient celles de Zembla, Blek le Roc, Tex Willer, Tarzan. Il serait presque ingrat de ne pas reconnaître que ces bandes dessinées ont façonné mon imaginaire. D'où l'allusion que je fais dans mon roman Black Bazar (Seuil, 2009) où un personnage se demande ce que sont devenues les routes empruntées par Tintin lorsqu'il était au Congo. Des routes coloniales qui sont en état de délabrement à cause de l'inertie des Etats du continent noir. Derrière cet humour « noir », je rendais sans doute indirectement hommage à un des personnages qui ont bercé mon enfance. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que j'évoquais Tintin. On retrouve des allusions à ce personnage dans un autre de mes romans, Verre Cassé (Seuil, 2005).
BibliObs :
Qualifieriez-vous les représentations liées aux Africains, dans la BD, de racistes?
A M :
Il est clair que dans « Tintin au Congo » les représentations du Noir – j'allais dire du Nègre – ont une connotation paternaliste, raciste et colonialiste. L'album paru en 1931 a subi des « réaménagements » ultérieurs. Hergé avait donc entendu toutes les critiques formulées contre cette œuvre. Or ces réaménagements n'étaient rien par rapport à l'esprit même de la bande dessinée qui n'était pas retouché. Hergé a changé par exemple la scène dans laquelle, Tintin enseigne aux nègres une leçon qui commence par : « Mes chers amis je vais vous montrer votre patrie, la Belgique ». Cette leçon est devenue une leçon de mathématiques lors de la retouche. Ce n'est pas cela qui dérange puisque nos parents, colonisés par la France, apprenaient eux aussi que leurs ancêtres étaient des Gaulois ! « Tintin au Congo » montre des Noirs à l'état de barbarie, sans esprit et qui parlent dans une langue censée reproduire leur imbécillité, la langue que l'auteur estime à la hauteur de «ces gens-là». Dans sa défense, Hergé avait argué qu'il baignait comme « tout le monde » dans cette idéologie au sujet des Noirs. Qu'à cette époque cette pensée dominait. Ce que je trouve inexact puisque bien avant la parution de «Tintin au Congo», beaucoup d'intellectuels européens regardaient autrement l'Afrique et les Africains.
Entre 1927 et 1929, par exemple, des livres majeurs plaidaient pour la revalorisation de la condition de l'homme noir, et ces ouvrages étaient donc des plaidoyers contre le colonialisme. Je pense au deux livres publiés André Gide (Voyage au Congo et Retour du Tchad ) ou encore à Terre d'Ebène de d'Albert Londres. Par ailleurs, quoique l'on puisse reprocher au siècle des Lumières, il reste que cette époque a été celle de l'humanisme et donc de recherche d'un certain équilibre entre les hommes. Hergé ne pouvait pas ignorer cela. Il avait donc fait un choix capital : légitimer la colonisation de la Belgique au Congo par son œuvre. En effet les Belges étaient nombreux à ne pas vouloir se rendre dans cette terre lointaine. Il fallait bien une propagande. Dans ce sens, Hergé a donné un grand coup de main au système colonial belge, et « Tintin au Congo » - toutes proportions gardées - a été aussi « stratégique » que ces propagandes que diffusait l'armée française pour inciter le gens à aller se battre en Algérie.
BibliObs :
Doit-on privilégier le contexte historique de l'oeuvre à l'oeuvre elle-même ?
Le lecteur adulte peut lire « Tintin au Congo » avec un peu plus de recul. Parce qu'il sait – en principe – que la question coloniale est au cœur de ce livre. Mais quid des enfants, de tous ces jeunes qui n'ont appris l'histoire coloniale que sous un angle positif? Et c'est dangereux de parler d'un « contexte historique » alors même que la question coloniale est encore d'actualité de nos jours. Ce que subissent les Noirs aujourd'hui dans le monde est le résultat d'une idéologie raciste bien ancrée dans les consciences de certains esprits pernicieux. Prenez n'importe quel livre d'histoire en France, un livre au programme scolaire, et remarquez ce qu'on dit de la colonisation ! Une glorification, une revendication de la grandeur de la puissance coloniale, celle qui est allée dispenser les lumières loin là-bas, dans les territoires reculés, au cœur des ténèbres !
BibliObs :
Que pensez-vous de cette polémique ? Seriez-vous partisan d'une interdiction, ou encore d'une mise en perspective du contenu de l'album dans ses rééditions ?
A M :
Non, je ne suis pas partisan d'une interdiction de cette bande dessinée. Elle doit rester une trace de l'esprit belge de ces années trente. Elle est une des preuves historiques d'une certaine pensée occidentale - mais pas de toute la pensée occidentale ! La polémique qui entoure cette œuvre risque de friser la cocasserie à force de ne lire les choses que sous un angle « africaniste », voire «intégriste». Ce n'est pas à partir de «Tintin au Congo» que la pensée du Blanc sur le Nègre s'est formée. Lorsque Tintin est «arrivé au Congo», l'idéologie raciste et coloniale sur le Noir était déjà bien établie.
Il faut remonter à la source, déconstruire cette pensée et poser la vraie question: comment enseigner la colonisation aux enfants ? Oui, la colonisation est un sujet mal abordé en France - c'est presque un sujet «explosif». Et jusqu'alors il se trouve que beaucoup croient encore au rôle pleinement positif de l'Europe en Afrique. La colonisation est un asservissement, point final. Il est ridicule de songer à rajouter un texte pédagogique dans l'album « Tintin au Congo ». Pourquoi ne pas, alors, le faire aussi dans L'Esprit des lois de Montesquieu, où il est dit que les gens du sud sont faibles comme des vieillards et que les gens du nord sont forts comme des jeunes hommes ? A ce train-là il va falloir relire tous les livres du monde et rajouter des pages pédagogiques ici et là !
Une fois de plus, il suffit d'enseigner avec objectivité la colonisation en France, dès le bas-âge, pour que les enfants forgent leur intime conviction et regardent l'Autre à sa juste valeur. Lorsqu'on est enfant, on pense toujours que les héros d'une œuvre sont réels. En apprenant à ces mêmes enfants la pensée coloniale, ils seraient enfin capables de séparer le bon grain de l'ivraie.
Propos recueillis par David Caviglioli



tout a fait d accord avec vous sans reserve je devrais ajouter. la colonisation reste à mon sens un fait de l'histoire qui reste à redefinir car l'Afrique n a pas encore compris dans quelle monde se trouve t-elle et quelle est sa place dans ce monde, helas jusqu'à nos jours.
RépondreSupprimerJe partage aussi votre discours; si bien que ces ouvrages à caractère
RépondreSupprimerraciste constituent une preuve de la pensée occidentale comme
vous l'avez affirmé. Effacer ou remanier leurs écrits condescendants
à l'égard du noir, c'est accorder plus de crédit à la civilisation
occidentale au détriment des population du sud.
En somme, c'est un travail indirect de perfectionnement de la pensée surannée du nord
par polarisation sur la question noir au dela de la méditerranée.
Un focus, qui, peut etre, nous empeche d'aller de l'avant.
En ce sens, les mots de Depestre trouvent toute leur pertinence dans la mesure
ou la négritude doit etre dépassée dans une perspective d'évolution.
De même, je pense qu'elle n'est qu'un court passage, même si elle a constituée
une grosse partie de notre histoire.
Mais si je me réfère au blanc, au sémite ou l'asiatique, il semble pzu se soucier
des questions phénotypique et s'attache plus a la question culturelle, politique et scientifique.
La prospérité, la gloire, l'Afrique positiviste: ce doit être notre choix pour l'avenir.
Mickael Emmanuel
la colonisation doit être enseignée correctement avec d'entrée un total rejet
RépondreSupprimerla positivité de la colonisation est égale à zéro pour ne pas dire moins vingt étant donnés les conflits actuels
les relations commerciales depuis l'antiquité ont eu valeur d'exemple les commerçants échangeaient leurs produits leurs différences
quand je pars au congo en guyane je ne suis pas chez moi je suis la mundélé qui demande à être accueillie et je m'adapte j'observe et je ne donne pas de leçons s'il y a harmonie et il y a souvent harmonie car respect mutuel nous échangeons à valeur totalement égale
rg m'a tout le temps dérangée dans sa représentation des autres peuples je m'aimais pas les aventures de tintin même si le pauvre n'a rien à voir avec son créateur il ne faudrait pas interdire ce livre mais le déconstruire et mettre bien le doigt où cela dérange utiliser cette polémique pour reprendre depuis le début cette déconstruction
ma petite devait réciter le poème étudié depuis 25 ans dans le cp de cette institutrice intoxiquée "sur les bords du mississippi un alligator était tapi quand un petit négrillon...." (Poésie que j'avais apprise moi même au même âge c'était des diffusions radio que nous écoutions en classe)la réaction des autres élèves a été quasi spontanée "han Marie t'as vu ils se moquent de ton père.."
lorsque je suis allée voir l'instit elle m'a d'abord dit que Marie n'aura pas à la réciter je lui ai dit que ce n'était pas que Marie qui ne devait pas la réciter qu'elle devait la retirer elle m'a répondu que cela l'ennuyait car elle ne savait pas comment présenter cela aux parents je lui ai alors demandé si elle voulait que je me charge des parents elle a retiré la poésie et pourtant j'aurais préféré qu'elle explique aux parents
il faut rééxpliquer et se désintoxiquer bannir de notre vocabulaire toutes les expressions toxiques et partir du principe que nous avons le droit d'être différent mais que nous avons la même valeur que nous soyons asiatique, améridien, européen ou africain... homme ou femme agé ou jeune
bien à vous Alain
Expliquer l'homme noir, le ré-expliquer et exclure certaines expressions du langage
RépondreSupprimerest, à mon sens, une initiative vouée à l'échec. Vouée à l'échec dans la mesure
ou cette dialectique ne trouve aucun fondement purement rationnel. Notre sensibilité apparaît
comme le moteur de notre démarche de reconstruction de l'image du noir. Mais, cette voie me semble trop sineuse et semée d'embuches.
C'est quémander de l'aide, se reposer sur un autre déjà fort méprisant à l'égard du noir. Si bien que la déconstruction
cet de être noir ne s'effectue que dans un cadre unilatéral. Or ces dernières années, l'homme noir à pêcher dans la représentativité intellectuelle à la faveur d'une focalisation sur l'être noir.
Une image qui ne dépend pas de lui, qui ne dépend pas de moi, ni même de la culture de mes parents:de prime abord, qu'est ce qu'être noir? Y a t-il même ne conscience noire? Et si oui,
qui sont ceux qui seront les mieux à même d'en être les représentant? Qui est ce qui va démonter, déconstruire, ré-expliquer que l'homme noir n'est pas, par essence, un esclave?
Il semble évident que ce combat, mon combat n'est pas de déconstruire directement, mais indirectement. Hisser mon esprit dans les sphères de la réflexion, influencer mon frère dans la voie de la science
et intéresser l'autre aux savoirs d'au dela de la méditérannée.
@ otikalamalamu,
Votre travail est fort honorable, mais beaucoup trop frontale. Je ne suis pas pour que l'on détourne
l'occidental de sa culture quand bien même elle est fausse. Ce faisant, il va lui même se détourner des préjugés,
comme il l'a fait pour la religion. Aussitôt qu'un, deux puis trois hommes de couleurs "noir", s'érigeront de manière, je dirais, quasi institutionnelle dans les affaires réelles de la cité, il y a de forte chance que l'image d noir évolue. Il ne m'interesse plus le noir qui émeut la plèbe, d'autant plus que notre présence est plus qu'honorée, mais aussi onéreuse. Mais je m'attache bien plus à celui qui suscitera l'émoi chez le patricien, celle de la caste des positiviste de la pensée, du progrès et des sciences. Me comprenez vous?
VOILA
D'ou je me tient, ce me semble être le meilleur combat.
Mickael Emmanuel
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RépondreSupprimerpardon pour ce décalage de réponse j'étais en vadrouillage
RépondreSupprimermais je suis d'accord avec vous c'est quand même un comble d'être obligé de prouver que la valeur est la même
partir des préjugés et passer sa vie à démontrer qu'ils se trompent je dis souvent à mes enfants vous n'avez rien à négocier vous ne laissez rien passer quand cela se présente à vous
vous êtes ici chez vous
vous valez comme tout le monde ce perpétuel travail de sape perpétré par ces gens qui ne sont pas "finis" dans leurs réflexions vous devez s'il y a un potentiel de compréhension prendre le temps d'en discuter sinon démontrer par l'exemple en sachant qu'à la base pourtant vous n'avez rien à prouver
à quand en effet le jour où les femmes n'auront plus à prouver qu'elles sont aussi capables que les hommes que les africains les asiatiques... ont autant de potentiels et de valeurs que les autres
bien sûr positivisme progressisme et "éclairisme" sortir de sa paresse intellectuelle
je suis parfois usée d'expliquer à chaque fois l'essentiel mais revigorée ensuite quand le résultat est là ne pas lâcher l'affaire comme dirait les enfants
bien à vous dans ce combat quotidien
Tintin au Congo revient encore sur la table!
RépondreSupprimerTintin au Congo c'est un petit poisson dans la mer.
Il faut s'attaquer à plus gros surtout à l'occasion
des cinquantenaires des indépendances.
Les algériens ont manifesté leur intention
d'exhumer les crimes commis par la France, et
puis j'ai comme l'impression que cela s'est
tassé.
Je pense que le combat de ce monsieur contre tintin n'est pas inutile.
RépondreSupprimerLa traite des nègres, la colonisation et des campagnes conscientes ou inconscientes d'avilissement et d'ensauvagement du Noir ont provoqué des traumatismes psychiques profonds.
Il ne sera jamais trop tard pour les dénoncer et les combattre.
Une chose est de dénoncer ces actes et leurs conséquences, une autre est de savoir comment on mène cette lutte et les objectifs qu'on vise.
Si vous dénoncez les crimes coloniaux de la France pour les rendre publics, éviter qu'ils se reproduisent et exorciser le mal-être des générations actuelles de français et d'africains, c'es une démarche noble.
Mais si vous exhumez juste pour braquer les uns contre les autres, je doute que cela produise quelque chose de positif.
PS:Alain Mabanckou, l'espace de saisie des billets va être amélioré ou pas?
Et a quand les Indiens contre Tintin en Amerique? Pourquoi il faut toujours qu'on fasse une montagne d'un rien? Combien de Congolais lisent tintin au Congo franchement? Je dois avouer que je l'ai lu et n'ai franchement pas ete traumatisee
RépondreSupprimerJ'ai lu Tintin au Congo à 6 ans, et à 6 ans, j'ai été capable de faire la part des choses, de réaliser que cette vision n'était pas celle dans laquelle je vivais et ne correspondait à rien dans ma réalité.
RépondreSupprimerJ'ai 38 ans aujourd'hui et une famille "arc-en-ciel", comme nous nous plaisons à l'appeler.
Aucun livre ne doit être détruit...
Tintin au Congo est une bande dessinée qui date et témoigne de son époque. L'effacer ne changera pas l'histoire, cela risque même de nous faire oublier - nier ? - cette histoire.
La réalité d'aujourd'hui, c'est celle-ci, à mes yeux : Chacun de nous est riche de son héritage culturel (de ce qu'il contient de bon comme des leçons tirées des erreurs passées) et de la culture métissée (car notre monde est métissé) qu'il se construit.
Laetitia
Ce procès a eu le mérite de créer le débat. S'attaquer au monument que représente Tintin pour la BD est audacieux. Naturellement, je suis contre toute censure et je partage l'avis d'Alain. Et tout l'enjeu de la discussion est comment enseigner la colonisation en France et la néocolonisation en Afrique. Vaste projet vu les pesanteurs d'un système qui ne voit dans cette action que des vertus...
RépondreSupprimerOn ne peut faire fi de l'introduction à l'Education nationale avec toutes ces nouvelles générations des postcoloniaux en France.
Gardons-nous de prendre l'étiolement de notre esprit pour une vertu. J'entends beaucoup de gens dire "je suis contre toute censure". Ce discours que je trouve niais est récurrent dans la bouche même de personnes qu'on dit "la classe des intellectuels". J'ai l'intention de penser que le propre d'un intellectuel c'est de savoir dire non à ce qui est mal. Ce qui est mal c'est ce que notre histoire nous a permis de déterminer ou de classer comme tel. Le racisme et ses zélateurs ont fait vivre à l'humanité des choses que nous ne pouvons pas accepter. Le racisme est donc mal. Au nom de cela nous devons censurer tout comportement qui tend à banaliser, renforcer voire valoriser le racisme comme pratique ordinaire, acceptable...
RépondreSupprimerJ'entends bien Laeticia qui dit que Tintin au Congo ne correspond pas à la réalité qu'elle a vécu à 6 ans. Cet un argument semble ultra-léger. Car au-delà de Tintin au Congo, il faut voir les rôles que ce type de publications ont joué dans la construction sociale et politique de la discrimination "raciale"
"quand j'ai décidé d'aller pour la 1ère fois au Congo pour rencontrer ma future belle famille mon père m'a dit (c'est un farceur) ma fille si en prenant ton bain là bas tu vois qu'ils te mettent des morceaux de carottes et de poireaux dans ton eau sauve toi jusqu'à présent cela me fait rire "quand même"
RépondreSupprimerNous avons été tellement conditionnés nous les mundélé par toutes les conneries qu'on nous a foutues dans l'esprit
Je suis heureuse d'aller au Congo c'est toute une partie de moi qui exulte là bas je suis moi je suis nous je suis pareille et pourtant différente mais je me souviens que ce qui m'a fait hésité à y retourner c'est aussi l'image d'un homme dont les bras étaient entravés par un pneu et sur qui on jetait du carburant pour ensuite y mettre le feu cet homme n'était pas une femme et pas une mundélé mais cela m'a traumatisé
je pense qu'il faut cesser de se raconter des histoires nous sommes tous capables à notre quelconque niveau de discerner ce qui est bien ou mal et partir de cela pour nous réinscrire dans la vérité
quelles sont les solutions : celles qui ne visent qu'à l'amélioration devenir meilleur
Après Tintin au Congo va-t-on aussi s'attaquer à "Blondin et Cirage" la BD de Jijé et à tant d'autres où le noir est avant tout "nègre" ?
RépondreSupprimerHergé a été bercé durant sa jeunesse par le fascisme belge de Léon Degrelles, il s'en est amendé par la suite et a fait son mea culpa en reprenant entièrement plusieurs de ses albums antérieurs. Il faut constater que le pire de tous (idéologiquement parlant) n'était pas Tintin au Congo mais la première aventure de son héros Tintin au pays des soviets qu'il a préféré ne jamais exhumer et que pratiquement personne ne connaîtrait s'il n'avait pas été réédité en fac-similé dans les années 70. Il ne fait même plus partie de la liste officielle des albums de Tintin.
La troisième aventure de Tintin, c'est Tintin en Amérique, dans lequel Tintin prend la défense des indiens, Hergé a commencé son virage. Les deux albums suivants forment une suite : Les cigares du pharaon et le Lotus bleu. Hergé s'y insurge contre le racisme. Cette rédemption de l'auteur culmine avec Tintin au Tibet où le héros risquera sa vie pour sauver son ami chinois Tchang. De la même façon Tintin a des amis arabes et si Abdallah est un gosse aux farces insupportables cela n'a rien à voir avec ses origines ethniques.
Dans "Du coke en stock" Tintin combat l'esclavage et si les personnages noirs d'Hergé parlent "petit nègre" ce n'est nullement pour les diminuer mais simplement pour leur ajouter une touche réaliste, d'ailleurs j'entends tous les jours des congolais se gausser de la façon de parler des waras, serait-ce parce qu'ils sont racistes ? Les noirs sont-ils les seuls à pouvoir rire des noirs ?
Dans "Les bijoux de la Castafiore" il prend la défense des rooms.
Tintin au Congo n'est qu'un élément dans l'œuvre d'une vie, il ne faut pas le considérer isolément, d'autant plus que cet album n'a jamais été considéré comme le principal dans l'ensemble de la production hergéenne. Hergé a évolué tout au long de sa vie passant d'une idéologie d'ultra droite conservatrice à un humanisme chrétien de gauche. Il basculera même dans "Vol 714 pour Sydney" dans un paranormal scientifique.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Hergé lui l'a fait.
«Tintin au Congo»
RépondreSupprimer- avec ou sans (besoin de) visa?
Minga
"tintin au Congo"
RépondreSupprimerputain mais c'est la colonisation ou quoi??
C'est quoi ce bordel !!!