mardi 23 février 2010

Pia Petersen, romancière du vertige psychologique

Depuis quelques années je ne cesse de signaler la singularité de l’écriture de Pia Petersen, écrivaine d’origine danoise  qui écrit en français. Plusieurs de ses livres ont été publiés, dont Une fenêtre au hasard et Iouri aux Editions Actes Sud. Son écriture serrée et nerveuse réhabilite le roman psychologique. Pia Petersen a su éviter les écueils du roman nombriliste. Même en se lançant dans une autofiction, elle sait s’ouvrir au monde, déplacer la géographie du récit et planter les décors d’un univers où l’Autre est plus que présent. C’est le cas de son dernier roman qui vient de sortir, Une livre de chair (Actes Sud). Roman de la « déchéance », de la grandeur et de la décadence du Français Romain qui, au crépuscule de sa chute, revoit ses instants de gloire, ses errances dans les villes américaines (New York, Los Angeles…), les paillettes, les rencontres féminines, l'aisance que procurait l'argent... C’est d’ailleurs à New York, quelques années plus tard, autour d’une partie de poker, que se retrouvent Romain et sa « bande ». Tous les personnages ont en commun les fêlures de l’existence. Ils savent ce qu’est la ruine et la "métaphysique de l'argent". Et s’ils ne le savent pas, ils ne sont pas loin de subir la lame de la crise économique. Romain, frappé d'une crise cardiaque dans un canapé, revisite les sentes de son existence et ne quitte pas des yeux sa bande qu'il scrute avec la patience d'un entomologiste. Le groupe est surpris par l’arrivée de trois gangsters. Une question de dette, de gros sous. Et dans ce milieu de la pègre on sait comment se règlent les conflits. Nous sommes dans un huis clos saisissant et glacé où le piège se referme sur les personnages entre fumée de cigarette et odeur d’alcool. L'écriture de Pia nous serre la gorge et l'estomac. Les mots deviennent des étincelles. Ils se répètent souvent, se heurtent sans cesse, donnent en permanence au lecteur le sentiment qu'à tout instant le monde va s'écrouler et que tout partira de ce canapé dans lequel Romain se tord de douleurs. Des images très cinématographiques…
Une partie de ce livre a été écrite chez moi, à Los Angeles. J’avais alors reçu Pia qui a résidé en Californie pendant une semaine. Nous visitions les villes californiennes : Venice, Beverly Hills, Hollywood, le centre de Los Angeles ou encore Malibu. J’ai invité Pia à assister à l’un de mes cours à l’Université de Californie-Los Angeles (UCLA). J’étais alors loin d’imaginer que mon ombre traverserait les pages d’Une livre de chair. Pia ne m’avait rien dit. Et j’ai découvert ces lignes :

« Une nuit, à Venice, il avait rencontré un écrivain français qui travaillait à l’université comme professeur de littératures francophones. Il s’appelait Alain Mabanckou. Il disait qu’un écrivain devait se pencher sur la mondialisation et il avait invité Romain à venir écouter l’un de ses cours. Romain le croisait souvent dans les boîtes de nuit de Venice. Alain portait toujours une casquette et des chaussures de luxe. Alain aussi aimait traîner la nuit, traverser la ville, rôder dans les bars et les boîtes. Il disait qu’il pistait sa matière de travail, des personnages qui émergeaient, des ambiances qui se détachaient et des bouts de dialogues parfois très imagés […] Il avait une tête de gangster, c’est ce que s’était dit Romain en le voyant, mais c’était un écrivain et ils discutaient littérature en buvant un verre. Romain l’avait invité à des soirées mais Alain avait refusé. Il pistait ses sujets, mais il aimait la solitude, c’était une grande gueule qui n’avait jamais peur d’aller sur le front et secouer les idées reçues mais il était aussi réservé et timide… »

Pia Petersen, Une livre de chair, éd. Actes Sud, Paris, 2010, 317p. 22 euros
Ecouter Pia en interview sur RFI :  http://www.rfi.fr/contenu/20100201-1-pia-petersen

mardi 9 février 2010

Lettre au romancier Kébir M. Ammi



Mon Cher Kébir,
Je viens enfin d'achever la lecture de tes Vertus immorales et, une fois de plus, j'ai été subjugué parce cette écriture que j'avais appréciée depuis Le ciel sans détours. Il est réjouissant de remarquer cette constance dans ton écriture, ce pouvoir de persuasion qui est avant tout ce que tout écrivain recherche.
Ton roman se déroule dans le XVIe siècle, mais derrière cette odyssée rétrospective c'est en réalité notre condition humaine qui est en jeu. Ton narrateur, Moumen –  un vieil homme qui revisite sa vie, ses aventures, son « rêve » d'Amérique –  est notre contemporain, et jamais ce siècle ne m’avait paru aussi proche. 
Du déchirement familial – le premier cercle de la société – nous en arrivons à une vision plus éclatée du monde car tout part de notre passé. Les pages sur « l'initiation » du narrateur par les maîtres (bons ou mauvais, peu importe) sont d'une hauteur philosophique extraordinaire, j’allais dire d’une sagesse intemporelle. Tu as su lier la sobriété et la force de l'écriture à l'exigence d'une composition très ingénieuse où la connaissance de l'histoire se mêle à l'expérience des questions contemporaines. Et, du coup, nous sommes tous nés dans cette ville marocaine, Salé. Nous regardons la mer. Nous scrutons les voiliers et autres navires, mais aussi l’envol des albatros, si je puis me permettre cette image baudelairienne car c’est aussi un roman qui laisse planer tes goûts poétiques. A te lire le lecteur  a cette soif du savoir qui habitait Moumen dont l'appétit s'accroissait avec la découverte des grands livres, des pérégrinations de Marco Polo. L’intelligence de l’écrivain c’est aussi de savoir dire merci à ceux qui lui ont tendu la main. La fraternité littéraire est sans doute la quintessence de cet ouvrage. Et en ces temps c’est plus qu’une respiration : c’est un souffle ininterrompu.
En somme ton roman ne pouvait avoir que ce ton qui m'a ému : une prose implacable et épurée où chaque mot fait résonner à la fois l'honneur et la grandeur, mais aussi les hypocrisies, les jalousies, la soif du pouvoir, les basses entreprises de ceux qui agissent dans l'ombre et espèrent ainsi détourner la lumière du Soleil. Et ce sont désormais ces ingrédients que concoctent nos contemporains, hélas. Merci donc pour ce mon moment de plaisir de lecture, et j’espère que beaucoup d’autres lecteurs apprécieront ce grand cadeau… 

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Kebir M Ammi, Les vertus immorales, Ed. Gallimard, 2009, 212p., 17, 50euros


Première phrase du roman : 

Je suis né sous le signe du chaos et des grandes batailles, à Salé, sur la côte atlantique, dans une famille que le sort avant de se dédire, avait d'abord choisi de privilégier, lui prodiguant le nécessaire et le superflu.

vendredi 5 février 2010

Marie NDiaye ou l’éloge de la circonvolution


Le prix Goncourt 2009 attribué à Marie NDiaye couronne une œuvre dont la singularité fut très tôt remarquée par les Editions de Minuit. L’auteur avait alors dix-sept ans. Avec Trois femmes puissantes jamais NDiaye n’avait eu autant de réception médiatique dépassant cette fois-ci le cercle du succès d’estime pour atteindre le grand public même avant l’annonce du Goncourt. Dès le mois d’août tous les observateurs prédisaient l’attribution de ce prix à la romancière. Ce qui, en novembre, se concrétisa en « deux minutes trente » selon les propos d’un des membres du jury, Bernard Pivot. Pourtant ce roman continue à susciter des réactions très inattendues, certains lecteurs se sentant « floués » par la campagne médiatique et le couronnement d’une œuvre « rébarbative » à leur goût. Il suffit en effet de faire le tour des sites de ventes de livres sur la toile pour s’en rendre compte.

Au milieu de plusieurs commentaires du même ton, un internaute écrit ceci dans Amazon.fr :

« Comment peut-on attribuer un prix à ce livre ? Phrases trop longues pouvant atteindre 27 lignes… »

Un autre rajoute :

« Aussi prétentieux qu'ennuyeux. Presque toujours mal écrit (…) Aurait mérité au mieux le Goncourt de l'imparfait du subjonctif. »

Même son de cloche sur Fnac.com :

« Tout ce tapage médiatique pour un livre obséquieux et illisible. Trop de métaphores et de phrases à rallonge ! Le récit est totalement noyé dans ces figures de style. Décevant ! »

S’il est vrai que tout lauréat d’un prix d’automne est forcément « discuté », il reste que « le cas NDiaye » interpelle, en ce sens qu’il pose avec acuité la question de la littérature, de sa forme et du fossé qui existe entre le regard des critiques et celui du grand public. Or Trois femmes puissantes est un roman qui tient justement sur la circonvolution stylistique, et pourtant c’est elle qui est au cœur d’un certain « désamour ». Faut-il rappeler qu’il est trop tard de feindre la surprise et l’étonnement à ce sujet ? Nous ne découvrons pas en effet ces « phrases à rallonge » chez Marie NDiaye. Il suffit de relire ses livres précédents pour se rafraîchir la mémoire. Savourons par exemple ce passage du deuxième roman de l’auteur paru il y a maintenant vingt-deux ans, Comédie classique : 
elle avait ouvert la porte avant même que je fusse arrivé afin que je montasse le plus vite possible et la rejoignisse au salon
Dans la plume de Houellebecq cela aurait paru ridicule. NDiaye en a fait sa marque de fabrique. A cette époque personne n’avait alors boudé Comédie classique, roman écrit d’une seule phrase d’une centaine de pages. La prouesse fut ovationnée, et NDiaye entrait désormais de façon durable dans l’arène littéraire française. Cette inclination à la circonvolution sied à son projet esthétique. Qui a dit que la littérature devrait suivre la mode, changer d’accoutrement à chaque collection ? NDiaye n’est pas un écrivain de saisons. En hiver elle habille ses phrases en tenue d’été, et en été elle leur fait porter des manteaux et des gants. C’est cette touche qui, de manière subreptice, bouscule les codes de la narration tout en rendant hommage au roman du XIXe siècle. Alors ces phrases kilométriques, ces subjonctifs imparfaits, ces mots recherchés et cet univers à la fois vertigineux, frénétique et épileptique deviennent une sorte de mélange de Proust et de Faulkner.

Assurément NDiaye est l’un des plus grands écrivains français de ces temps. Une candidate de premier plan s’il arrivait que l’Académie Nobel songe à couronner un auteur d’expression française dans la décennie à venir. Lui manquerait-il une dimension « politique » pour arriver jusqu’à cette apothéose ? Sa posture « d’exilée en Allemagne » renforcée par une polémique oiseuse alimentée par un député français la conduit peu à peu du statut de l’écrivain « silencieux » à celui d’auteur engagé, j’allais dire « engageant », celui qui ne se contente pas d’écrire mais qui trace une vision du monde à la fois dans ses livres et dans sa vie quotidienne. Une posture qui me fait presque penser à celle de mon mentor J-M G Le Clézio, prix Nobel 2008… 

                 Texte paru dans Transfuge Magazine

mercredi 3 février 2010

"Coup d'Etat" au Togo : l'éviction de Kofi Yamgnane


La nouvelle a surpris tout le monde : le gouvernement togolais a écarté la candidature à la présidentielle de Kofi Yamgnane (photo, gauche). Les méthodes employées laissent à désirer et confirment l'existence d'une république bananière dans ce pays. Bénéficiaire d'une bonne image internationale, soucieux du devenir de son pays, c'est un grand choc que vient de ressentir ce républicain qui avait décidé de rentrer au Togo pour mettre fin au régime de Faure Gnassingbé (photo, ci-dessous), président sortant et fils de l'ancien dictateur Gnassingbé Eyadema qui a régné de 1967 à 2005 sans laisser place à une quelconque opposition. Le fils d'Eyadema briguera ainsi un deuxième mandat et, en écartant Kofi Yamgnane, il sera  désormais le seul candidat à cette élection !  
Les autorités togolaises savent pertinemment que Kofi Yamgnane – qui a la double nationalité togolo-française – aurait été un adversaire de poids susceptible d’animer un sursaut populaire et de donner à la population un nouveau souffle, un souffle de liberté. L’Afrique aura ainsi inventé et avalisé une nouvelle forme de gouvernance qui se propage de plus en plus : le règne des fils à papas (outre le Togo, il faut citer le Gabon, la République démocratique du Congo…) 
Au fait, que reproche-t-on à Kofi Yamgnane ? De n'avoir pas une véritable date de naissance comme beaucoup d'Africains nés pendant la colonisation ? Kofi Yamgnane s’en est expliqué :




"Je sais mon dossier inattaquable, et les arguments qui me sont opposés aujourd’hui pour rejeter ma candidature sont totalement fallacieux. Je vais vous exposer brièvement les deux points sur lesquels a porté leur argumentation : Le premier porte sur ma date de naissance que le pouvoir RPT m’accuse d’avoir falsifié.
Comme la plupart des gens de mon âge, né à une époque où l’état civil togolais n’existait pas, je possède un acte de naissance indiquant que je suis né en 1945. Cela n’a gêné personne au Togo jusqu’en 1964 année où j’ai obtenu mon baccalauréat.
Lorsqu’il s’est agi d’obtenir une bourse du fond d’aide et de coopération français, la date du 11 octobre 1945 m’a été attribuée arbitrairement, l’administration française n’admettant pas une date de naissance incomplète

J’ai vécu sans problème jusqu’en 2008 lorsque j’ai voulu renouveler mon passeport. Entre temps, l’administration togolaise avait, de son coté décidé sans m’en informer que ma date de naissance sera désormais le 31 décembre 1945.
Tous les Togolais connaissent dans leur entourage au moins une personne qui est dans mon cas. Est-ce à dire que toute cette frange de la population doit être exclue du suffrage universel. C'est-à-dire peuvent être électeur mais non-éligible ?


Le deuxième point concerne ma résidence au Togo dont le pouvoir RPT conteste la durée de 12 mois nécessaire avant la tenue du scrutin. Voici les faits :
Je suis arrivé à Lomé le 14 octobre 2008 et loué ma résidence actuelle le 18 octobre 2008. L’acte notarié du bail locatif a été transmis à la Cour Constitutionnelle.
En 2009, j’ai effectué 4 voyages à l’étranger, chacun d’une durée inférieure à 2 semaines. Sur 2 formulaires d’embarquement, j’ai indiqué résider en France. Chacun sait que j’ai deux nationalités, qui ne sont plus incompatibles avec le fait de briguer la magistrature suprême et que j’ai en effet gardé une résidence en France.
Je ne pense pas être le seul candidat à avoir une telle résidence à l’étranger.
De plus, les
accords de « OUAGA » du 7 août 2009 s’accordent pour dire : « que la résidence s’entend comme l’obligation de présence politique et physique visible permanente ou intermittente des potentiels candidats pendant ladite période. »
Quoiqu’il en soit, une fiche d’embarquement ne peut avoir plus de valeur probante que le certificat de résidence qui m’a été régulièrement délivré par la Mairie de Lomé, après enquête de police sur la réalité de cette résidence pour laquelle j’ai régulièrement payé la taxe d’habitation et ce dès le 9 février 2009."
Serait-ce donc une question de "jour" et de "mois "de naissance puisque l'année est connue (1945) ?
Quoi qu'il en soit, nous avons l'obligation de soutenir une citoyenneté libre dans ce pays. La meilleure façon de gagner les élections c'est de se présenter au verdict populaire - et de laisser à tout Togolais ce droit. Que Kofi Yamgnane trouve ici mon soutien inconditionnel quelle que soit l'issue de cette affaire qui ne grandit pas notre continent...
Crédits Photo :
Kofi Yamgnane : MEIGNEUX-SIPA / Faure Gnassingbé : Ferloo-Republicoftogo.com  

lundi 1 février 2010

Obama victime du racisme de la classe politique américaine ?


En 1903, dans son Souls of Black Folk,  l'Afro-américain W. E. B. Du Bois écrivait : « Le problème du XXe siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs – de la relation entre des races d’hommes plus sombres et des races d’hommes plus claires, en Asie, en Afrique, en Amérique et sur les îles océaniques. » Il nous faudra désormais rajouter à cette affirmation que la question  de "la ligne de partage des couleurs" se poursuit jusqu'à ce XXIè siècle, et l'exemple vient du sommet de l'Etat américain, la première puissance mondiale...

Les déboires politiques actuels du président Barack Obama font couler beaucoup d’encre. Quelles sont les explications de ce changement d’humeur de l’opinion américaine sur cet homme jadis perçu comme "providentiel" ? Dans les colonnes du Monde  daté du mardi 2 février Randall Kennedy (photo, ci-dessus) -  professeur de doit à Harvard (Etats-Unis), avocat à la Cour Suprême -  n’hésite pas à affirmer que la situation inconfortable de Barack Obama est une affaire de "race" car, quoi qu’il en soit ,« la question raciale imprègne le moindre aspect de la vie américaine ». Il explique que « certains Blancs ne reconnaissent pas la légitimité d’un Noir à la tête des Etats-Unis ».  Obama n’ayant rassemblé que 43% de votes des Blancs, il aurait raté cette élection « si les Blancs avaient été les seuls à voter. John McCain serait le président des Etats-Unis ».  


Randall Kennedy pense donc que la droite américaine agite les préjugés raciaux pour alimenter un sentiment anti-Obama. La preuve ? Certains dessins humoristiques qui montrent le président américain sous les traits d’un singe « avec des légendes qui affirment qu’il n’est pas américain, autrement dit pas blanc, et disent : ‘’Retourne en Afrique’’ ». 
Cet acharnement a pour but de retourner l’opinion publique américaine, de présenter Obama comme un anti-blanc et un président qui privilégie les Noirs. D’autres exemples sont fournis par ce juriste très respecté et reconnu comme l’un des spécialistes de la question raciale aux Etats-Unis. Par exemple, ce député – Joe Wilson (photo, droite)– qui interrompit Obama et lui lança en pleine session : « Vous mentez ! ». Randall Kennedy se demande si une telle situation « choquante » se serait passée en face d’un président blanc. Même les Républicains ont demandé à leur député de formuler des excuses ! Conclusion de Randall : « Ma conviction est qu’il avait exprimé sa conception du privilège des Blancs et son mécontentement d’être remis en cause ».


Voilà donc un président qui se trouve confronté à l’épineuse question toujours d’actualité dans un pays de strates communautaires. Il ne peut frontalement aborder ce sujet au risque de payer fort sur le plan politique. De ce fait son silence pourrait inquiéter ou mécontenter les Noirs tandis que sa prise de position horripilerait les Blancs. Peut-être parce qu’il a été élu pour faire l’équilibre. Mais en politique toute entreprise d'équilibrisme entraîne son lot de grognements. Certains Noirs de Washington ont d’ailleurs manifesté contre « un pouvoir blanc dans un visage noir ». Frantz Fanon n’est pas loin, diraient certains. Et c’est sans doute ainsi que l’Amérique est grande et puissante. Avec toutes ses faiblesses, bien entendu…    
Photo : Randall Kennedy ( Brown University News) / Photo Joe Wilson : DR