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| Ali, tu verras, le peuple nous regrettera ! |
Sous la pression populaire le « pharaon » égyptien Hosni Moubarak (à gauche sur la photo, avec un autre fugitiif, le Tunisien Ben Ali) a finalement démissionné de la présidence juste le jour où j’inaugurais sur ce Blog ma série de chroniques intitulée Ainsi va le monde. Une très bonne nouvelle pour la démocratie en Afrique. Il reste que plusieurs interrogations nous viennent à l’esprit sur la présence et la pérennité des dictatures en Afrique noire. La Tunisie et l’Egypte nous montrent qu’un peuple n’est pas condamné à accepter le silence, l’humiliation et l’absence d’expression. Ces pays du Maghreb nous démontrent surtout qu’il est inutile d’être en possession d’une artillerie lourde pour transformer un dictateur en piètre tigre en papier. Jusqu'alors les dictatures étaient considérées comme une fatalité et, au regard de la l'espérance de vie souvent très elevée des monarques, les peuples se soumettaient, remettant à Dieu la décision de mettre fin aux jours du dictateur. Mais celui-ci, avant de mourir, aura eu tout le temps de préparer un de ses proches, généralement son fils... Il est temps de dire haut et fort que l’Afrique noire mérite un vrai coup de balai politique, un grand nettoyage à sec. L'Afrique n'a pas pour destin de demeurer un conglomérat de contrées bananières. Ne pas prendre conscience de cette situation c’est être complice de la déliquescence du continent noir. Il est en effet impensable de voir certains chefs d’Etat d’Afrique noire demeurer plusieurs décennies au pouvoir grâce à la terreur, à la falsification des résultats des élections, voire aux accointances avec les anciennes puissances coloniales.
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| Moi, moi, moi et moi |
L’Afrique noire est-elle si pusillanime et sans élan héroïque au point de laisser passer ce vent qui souffle depuis le nord du continent ? Quoi qu’il en soit, les victoires obtenues par la Tunisie et l’Egypte mettent à la lumière du jour l’immobilisme de cette Afrique noire qui, le plus souvent, à tendance à avaler sans broncher pendant des décennies le puissant somnifère que le monarque lui sert. C’est ce somnifère que les Tunisiens et les Egyptiens n’ont plus voulu ingurgiter et qui se distribue partout, au Zimbabwe, au Congo-Brazzaville, en Angola, au Cameroun etc. – et parfois avec un peu de sirop comme au Sénégal où le président octogénaire tient à demeurer sur son trône ou à placer son rejeton. Ainsi va le monde, et nous avec.


Les dictateurs du Maghreb ont subi l'expression de la démocratie directe du peuple SOUVERAIN. Ils ont quitté un pouvoir dont ils ont travesti l'utilité en se servant plutôt que de servir. Il revient maintenant de voir où va mener ce vent porteur d'espoir : le processus de démocratisation ira-t-il à son terme sans subir d'effets pervers ou, comme l'histoire nous l'a parfois ironiquement montré, déchanterons-nous devant une suite regrettable qu'il pourrait être donné à tout ceci ? C'est très, trop fort d'avoir réussi à faire partir les dictateurs. L'enjeu véritable reste la démocratie. Alors, wait and see !
RépondreSupprimerM. Mabanckou votre billet est amusant dans le sens qu'au-delà meme du "soulevement" populaire, cette "revolution" n'aurait été possible qu'avec le soutien tacite de certaines forces à l'instar de l'armée - certains diront grace ou à cause a...ussi des divisions silencieuses en son sein (?).. si l'armée etait intervenue massivement, unie, pour proteger le "prince" comme celà s'est passé dans l'afrique noire en l'occurrence au cameroun en fevrier 2008, l'ivresse du jasmin n'aurait pas eu lieu.. on aurait massacré comme l'usage l'exige ces peuples sans que l'occident ne s'en emeuve parce que des interets bien superieurs à ceux de la democratie auraient prevalus..
RépondreSupprimerOui les peuples ont été le moteur de cette "revolution" (qui ne fait que commencer et devrait se poursuivre malgré le depart du prince - qui ne signifie pas la "mort" d'un systeme pourri et cancerogene)c'est indeniable mais pas que.. ce qui nous pousse ce que vous ne faites peut etre pas à nous poser la question suivante: une "revolution" inachevée ne serait elle pas plus "dramatique" qu'une absence de "revolution"? Jusqu'où peuvent aller "ces" forces conservatrices dans l'appui implicite au "changement"? la veritable "revolution" ne fait elle pas que commencer? celle de la karcherisation populaire totale et complete de toutes ces dictatures?
certains pays sont actuellement dans leur ivresse du jasmin, mais combien recoivent l'appui des forces necessaires au changement? et dont les peuples protestataires sont reduits dans le sang au silence?
Il y a des aspects dans cette vague populaire qui ne doivent pas etre niés, surtout doivent nous faire comprendre que "changer" n'est pas juste une question de volonté, il y a des parametres plus complexes qui rentrent en jeu..
merci pour ce billet..
Merci pour ce deuxième billet et ces nouvelles chroniques.
RépondreSupprimerA quand l'Afrique? disait Ki Zerbo... Je préférais de loin ses appels dignes de l'Historien et du Politique conscient aux tergiversations indignées Mbenbeistes, Mongiste ou CamerounoBeyalistes du moment... Jasmin ou Narguilé, le peuple rugit et les historiques exilés reprennent. Bon, on verra on verra ça pour citer l'Orchestra...
En effet, il est compliqué de ne pas verser dans la Terreur passons par la Constituante...
Karokin 's back