Peut-être qu’au moment où vous lirez cette chronique Laurent Gbagbo aura signé sa reddition, et surtout avalé une pilule très aigre : accepter que son ennemi juré est le président de la République ivoirienne. A-t-il le choix ? C’est un homme « fatigué » - et c’est lui qui le dit. Fallait-il en arriver jusqu’à cette « grosse fatigue » alors qu’on aurait pu l’éviter, et du coup, sauver des vies de nos sœurs et frères ivoiriens ? Quoi qu’il en soit, la crise ivoirienne est une leçon pour les Africains. Dirigés par des autocrates, bernés par une Union Africaine factice et ridicule, roulés dans la farine par des pseudo intellectuels qui débitent des âneries à la télé et choisissent un camp, cautionnant de ce fait la scission des Ivoiriens, les peuples d’Afrique n’auront jamais été seuls dans l’affaire. Nous savons désormais que l’Union Africaine n’est qu’une assemblée pour débattre, pour discuter au minimum pendant quatre mois, le temps qu’une bonne partie de la population périsse sous les armes lourdes. A quoi sert cette Union Africaine qui, d’ailleurs, brille ces derniers temps par un mutisme de cimetière ? L’Afrique n’existe pas, aurait dit l’écrivain Kossi Efoui. Oui, et elle n’a jamais existé. Celle qui est devant nous – une invention de toutes pièces de l’Occident – est à la merci de ses créateurs. Parce que nous n’avons jamais su dépasser les découpages nationaux et engendrer une « citoyenneté continentale ». Parce que nous n’avons cherché de solutions à nos problèmes qu’en nous inspirant de la doctrine des Maîtres. Parce que l’invention d’une autre Afrique passe nécessairement et inéluctablement par la décapitation politique des monarques actuels. Et ceux-ci sont nombreux. Ils regardent, la peur dans le ventre, le sort actuel de l’ancien président de la Côte d’Ivoire. Et ils se voient, se projettent dans le temps, un temps de plus en plus compté. Gbagbo n’est pas le pire des présidents africains. Mais il ne fallait pas attendre que le pire arrive. La soif du pouvoir est inextinguible. C’était le tort de Gbagbo. C’est toujours le tort de tous ceux qui sont actuellement à plus de deux "mandats" en Afrique. Je mets les guillemets parce que nous savons tous que la plupart de ces mandats ne viennent pas des Africains. Malheureusement, c’est ainsi que va le monde, et nous avec…

L'Afrique n'existe pas. C'est un fait. Et même si elle existait,comme certains optimistes voudraient le croire, elle n'est pas libre.
RépondreSupprimerElle se cherche par des parodies de démocratie qui ne contentent que ceux qui profitent de cette mascarade.
C'est vrai que "le reste" du monde (à en comprendre la dichotomie "the West and the Rest"), est toujours au merci de cette philosophie hegelienne du maître et de l'esclave, quoi que ce soit en Afrique, en Europe de l'Est ou en Asie (à voir par exemple la partition India / Pakistan / Bangladesh, pour ne plus parler de l'Indochine)... "Le monde," paraît-il, s'est lance dans une marche-arrière inéluctable. Ce qui se passe en Afrique est d'une tristesse et d'un cynisme absolus. Pourtant, quoi faire? Qui serait capable de fournir de solutions fiables de gouvernement? Je me pose la question d'une manière constructive...
RépondreSupprimerEt je m'excuse pour les fautes de frappe... :(
RépondreSupprimerAnonyme ABC... :)
ujourd'hui la jeunesse africaine est témoin d'une union africaine qui n'a sans position aucune. Ces malheurs arriveront toujours en Afrique. Les hommes politiques africains font leur loi du fait que nous sommes des peuples ignorants, mais pas pour longtemps. Je suis sur que ce jour viendra comme se fut le cas du 14 juillet 1789. La situation de la cote d'ivoire fait couler des larmes;ni l'un ni l'autre ne mérite pas d'être président des ivoiriens. Ils sont tous habités par un "mauvais esprit pouvoiriste"
RépondreSupprimerBonjour Alain,
RépondreSupprimerJe salue ce message panafricain. Bien que je pense que Laurent Gbagbo aurait dû céder sa place après les résultats de l'élection qu'il n'aurait pas du organiser avec un camp adverse toujours armé, je ne m'empêcher de penser que les "assauts finaux" sont menés par des troupes françaises. S'il y a bien une leçon à tirer de tout cela après les fêtes pompeuses du cinquantenaire, c'est bien que la Françafrique pête la forme.
Bonjour Alain,
RépondreSupprimerLes institutions internationales ont révélé leur face cachée. Du Rwanda en Côte–d’Ivoire en passant par l’Irak les Occidentaux ont montré que chacune de ces guerres cache une vérité indiscutable : chaque puissance ne cherche qu’à préserver ses intérêts personnels. En effet, ce qui pousse la plupart de ces pays à créer des foyers de tension en Afrique et dans les pays dits tiers-mondistes, ce sont le pétrole, les minerais congolais et autres richesses que ces puissances spolient impunément avec l’aide des dictateurs. L’ONU, l’UA, toutes ces institutions ne sont pas crédibles ; ce sont des sectes qui tirent profit du malheur des peuples opprimés. Je défie quiconque me dira le contraire.
Hélas, mes Chers amis, nous en sommes là...
RépondreSupprimerA+
les français et les ivoiriens c'est une relation de très longue date. je pense sincèrement que leur cas est désespéré et qu'ils ne peuvent pas pour le moment du moins se défaire de cette influence française, de cette ingérence et peu importe les gouvernements. Houphouet Boigny a posé les base de cette ingérence, la société ivoirienne est très métisse aussi bien grâce aux autres pays de l'Afrique de l'ouest mais aussi grâce aux français qui ont réussi à imposer leur langue, bien sur à la sauce ivoirienne. Le français est tout de même la seule langue officielle reconnue en Cote d'Ivoire, tandis que beaucoup d'autre pays ont réussi à conserver leur langue vernaculaire. Il y a un amour vache entre les ivoiriens et les français toujours à dire je t'aime moi non plus. Je pense qu'il va falloir pour les ivoiriens apprendre à composer avec ces français...
RépondreSupprimerLe grand succès des ennemis de l’Afrique, c’est d’avoir corrompu les Africains eux-mêmes.
RépondreSupprimerL’ONU n’a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’homme par le colonialisme, et chaque fois qu’elle est intervenue, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur.
Il n’est pas vrai de dire que l’ONU échoue parce que les causes sont difficiles.
En réalité l’ONU est la carte juridique qu’utilisent les intérêts impérialistes quand la carte de la force brute a échoué. Les partages, les commissions mixtes contrôlées, les mises sous tutelle sont des moyens internationaux de torturer, de briser la volonté d’expression des peuples, de cultiver l’anarchie, le banditisme et la misère.
Dr Frantz Fanon