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| Le Rwandais Lazare Kobagayaga |
Drôle de procès que celui qui est en train de se dérouler actuellement à Wachita, dans l’Etat du Kansas, aux Etats-Unis. Le Rwandais Lazare Kobagayaga, 84 ans, est devant la cour, non pas pour répondre de ses actes durant le massacre des Tutsis en 1994, mais pour avoir menti aux autorités américaines qui lui avaient attribué en 2006 la nationalité américaine. Selon les procureurs américains le Rwandais avait alors laissé entendre aux services de l’immigration chargés de la naturalisation qu’il n’avait jamais participé de près ou de loin au génocide des Tutsis au Rwanda et que, par ailleurs, en 1994 il habitait dans l'Etat voisin, le Burundi. Or, en 2007, le vieil homme avait "commis l'imprudence" de témoigner dans un procès qui se déroulait en Finlande. Il le faisait pour le compte du bourreau, François Bazaramba, un pasteur hutu qui, depuis, a été condamné à vie en Finlande pour son rôle dans les massacres qui avaient coûté la vie à plus d’un million de Rwandais en 1994. Dans son témoignage en Finlande, Lazare Kobagayaga avait laissé entendre qu’il vivait en 1994 au Rwanda. Les autorités finlandaises avaient signalé dès 2007 aux Américains la "situation suspecte" de ce nouveau citoyen américain planqué tranquillement dans le Kansas et dont la demande de nationalité avait été "sponsorisée" par ses enfants vivant aux Etats-Unis.
Pour ce procès contre le vieil homme les juges américains n'ont pas lésiné sur les moyens : ils se sont rendus au Rwanda, ont rencontré plusieurs témoins et rescapés du génocide, mais aussi des anciens génocidaires. Tous ont affirmé que Lazare Kobagayaga faisait partie des bourreaux et qu’il était un des leaders qui avaient organisé le massacre de centaines de Tutsis par le feu à Birambo le 19 avril et poursuivi les rescapés jusque dans les montagnes de Nyakizu.
Toujours est-il que c’est la première fois que la Cour fédérale des Etats-Unis présente dans un procès des preuves ayant trait au génocide des Tutsis.
Evidemment la défense a présenté l’accusé sous un visage de saint : sa femme serait Tutsi, et il aurait par ailleurs sauvé plusieurs personne de cette « ethnie ».
Toujours est-il que c’est la première fois que la Cour fédérale des Etats-Unis présente dans un procès des preuves ayant trait au génocide des Tutsis.
Evidemment la défense a présenté l’accusé sous un visage de saint : sa femme serait Tutsi, et il aurait par ailleurs sauvé plusieurs personne de cette « ethnie ».
Peut-on masquer indéfiniment une barbarie ? Les silhouettes des victimes bougent, regardent de près cet homme qui pensait que l’Amérique était une planque sûre. Qui tue par l’épée périt par l’épée. C’est ainsi que va le monde, et nous avec.

Le monde judiciaire des États-unis a parfois un côté "pitbull" qui n'est pas pour déplaire lorsque c'est comme ici dans un but de justice et de vérité.Malheureusement ça ne comble guère l'arriération barbare des états appliquant encore la peine de mort.
RépondreSupprimerCher Alain,
RépondreSupprimerMerci pour cette réflexion. On apprend comment rendre justice par chemin détourné.
Pour parodier les images d'un vieux livre:
Dans le feu, dans les actes violents du génocide, la justice n'était pas là;
Dans une brise légère du mensonge, la justice était là!
Jean-Pierre
http://www.cbc.ca/news/arts/story/2011/04/25/rwandan-theatre.html
RépondreSupprimerhttp://thesceneinto.com/2011/05/theatre-review-the-monument/
http://www.theglobeandmail.com/news/arts/theatre/the-monument-a-stark-reminder-of-rwandas-tragedy/article2002612/
http://www.nowtoronto.com/daily/stage/story.cfm?content=180471
http://www.theatromania.ca/2011/04/the-monument.html