samedi 14 mai 2011

AINSI VA LE MONDE (21) : Les meilleurs restaurants « ethniques » de Paris


Faut-il vivre pour manger ou manger pour vivre ? Tant qu’à faire, dans les deux cas il faudrait choisir l’excellence, la qualité et le plaisir. Le très sérieux et respecté quotidien anglais The Guardian vient de publier la liste des 10 meilleurs « restaurants ethniques » à Paris. Et dans ce top 10 (cliquer pour le découvrir en intégralité), un des établissements mentionnés, Le Palanka, fut pendant longtemps mon lieu de prédilection – comme le rappelle d’ailleurs la journaliste auteur de l’article et qui est basée à Paris. De création récente, l'endroit avait tout pour devenir ce que je croyais alors l'un des restaurants les plus cotés du "Paris noir".
Je n’y étais plus allé depuis quelques mois, et lorsque je m’y suis rendu récemment avec des amis j’ai été quelque peu déboussolé par l’absence du chef, le Camerounais Christian Abegan, fin cuisinier qui avait donné à ce restaurant une touche singulière. L’esprit était certes là, mais je n’ai pas retrouvé ce « petit quelque chose » essentiel. L’occidentalisation du service m’a agacé – si je veux un tel service je sais où aller. Tout est devenu impersonnel, voire touristique. Je venais au Palanka pour l’Afrique, pour l’ambiance, pour le manioc congolais ou le miondo camerounais – et lorsque j’ai demandé ces aliments, un des serveurs a presque écarquillé les yeux de surprise ! Christian Abegan manque à ce restaurant qui, à mon avis, n’est plus à la « hauteur » des ambitions qu'il avait affichées au départ, avec la hardiesse du chef cuisinier qui, vraisemblablement, a été mis à la porte  - s'il n'a pas démissionné. 


Mon ami Christian Abegan, ancien chef du Palanka 

En 2009, ayant célébré ce lieu avec engouement dans les colonnes du Figaro (cliquer ici),  je voudrais formuler désormais quelques réserves. Et je soulignerais que dans le classement du Guardian il n'y a pas un restaurant que je classe au-dessus de tout : L’Equateur. Ouvert depuis 1993, au 151 rue Saint-Maur dans le 11ème arrondissement (métro Goncourt), toujours imité, jamais égalé. Un lieu que vous retrouverez d'ailleurs dans un de mes romans, Black Bazar (paru au Seuil en 2009). Etudiant, c’est là que j’avais alors croisé pour la première fois Manu Dibango et Yannick NoahOui, lorsque certaines nouvelles maisons (comme Le Palanka) s'égarent et perdent le cap, il est conseillé de revenir aux origines (L'Equateur). Parce que nos mères auront plus que jamais raison : les vieilles marmites font de bonnes sauces. Et surtout, parce que c'est ainsi que va le monde, et nous avec !

2 commentaires:

  1. Ca fait un bail que je souhaite aller à ce restaurant, L'Equateur, que tu as cité plusieurs reprises sur ton ancien blog. Une affaire à suivre...

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  2. Une chose est sure, ton avis a du poids...

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