Edith et Gilles vivent
dans un quartier bourgeois parisien avec leurs trois garçons. Le couple – plutôt bobo, diraient certains – aurait pu très
bien mener une existence loin des préoccupations des « misérables ». Gilles
est même impliqué dans une association qui aide les chômeurs jusqu’à ce qu’ils
retrouvent du travail. Quand il le faut, il donne un peu d’argent. Edith, elle,
se consacre à son activité de traductrice littéraire. Elle n’a pas à quitter
l’appartement pour aller dans un bureau. Elle travaillait d’ailleurs sur la
table à manger lorsque quelqu’un est venu sonner. C’était Aïcha, la gardienne
d’un immeuble du quartier, accompagnée de Fadila, « impassible et
tendue ». Cette dernière avait perdu son boulot dans une teinturerie quelques
mois plus tôt. Les temps sont durs, elle pourrait aussi perdre la petite
chambre qu’elle loue dans un quartier où « y a que les gens riches ».
Aïcha dévoile à Edith l’objet de cette visite inattendue : « – Vous connaissez peut-être ma mère ? […]
Elle repasse à la perfection, elle coud
aussi et j’ai une idée. Si quinze ou vingt familles du quartier la prenaient
deux-trois heures par semaine, elle serait tirée d’affaire. Elle pourrait
garder sa chambre. »
En littérature, nous
avions connu l’amitié de Manolin et Santiago dans Le vieil homme et la mer ; celle de George Milton et Lennie
Small dans Des souris et des hommes
ou encore celle de Madame Rosa et Momo dans La
vie devant soi. Nous avons désormais celle d’Edith et Fadila dans Les amandes amères, récit porté par une
écriture dont la maîtrise, à aucun moment, ne s’appuie sur la surenchère.
A. Mabanckou
A. Mabanckou
Laurence Cossé, Les amandes amères, Gallimard, 2011, 224p, 16,90euros
Chronique parue dans "Jeune Afrique" de cette semaine.

Laurence Tardieu en septembre
RépondreSupprimerLaurence Cossé en octobre
Lawrence d'Arabie en novembre ?
Un petit commentaire -hors sujet- que je prend le temps de vous laisser, perdue entre deux exercices de mathématiques et un commentaire de français.. Merci pour votre visite au lycée Xavier Mallet la semaine dernière, c'était un grand plaisir et un immense honneur ! Vous avez été accessible, drôle et authentique. J'ai donc pu apprendre que les gens peuvent être TRES indiscrets dans l'avion ; que la meilleure recette pour l'écriture n'est autre que la lecture ; qu'un roman, ça n'est parfois rien d'autre qu'une scène de départ, comme une étincelle d'où jaillirait un brasier ; que les oeuvres sont comme des enfants, et qu'un enfant, c'est long à éduquer... Et bien d'autres choses encore. J'ai aussi eu l'honneur -une fois encore- de lire le chapitre deux de Demain j'aurai vingt ans dans le cadre des Cafés littéraires avec le Conservatoire, ce 30 septembre. Je crois que vous avoir rencontré l'après-midi même m'a été d'une grande aide pour comprendre encore un peu mieux Michel.
RépondreSupprimerEncore merci, et à bientôt, qui sait ? Peut-être vous croiserais-je à nouveau, au détour d'une rue ? Le destin seul pourra répondre.
Bonne continuation à vous,
Marie-Charlotte Garin.
-
be.professional@hotmail.fr
-
"Le destin seul pourra répondre " n'est-ce -pas? hum
RépondreSupprimer